Vinyles de jeux vidéo, d’anime et de cinéma : quand les goodies deviennent des reliques culturelles
Dans l’univers des produits dérivés, les vinyles ont, de tout temps, occupés une place particulière. À première vue, ce sont des goodies comme les autres, des objets destinés à prolonger l’expérience d’un jeu vidéo, d’un anime ou d’un film.
Sommaire
- Pourquoi parler de vinyles dans l’univers des goodies ?
- La quête fondatrice : Final Fantasy et Nobuo Uematsu
- Les hauts et les bas de la chasse au trésor
- Quand la musique devient talisman : Joe Hisaishi et Ghibli
- Le futur déjà écrit : l’Attaque des Titans et la collection infinie
- Vinyle vs streaming : l’objet comme mémoire vivante
- Conclusion : le vinyle, plus qu’un objet : un morceau d’histoire
Mais en réalité, ils sont bien plus que cela : ce sont des œuvres à part entière, des objets de mémoire, parfois même des reliques culturelles.
Un vinyle, ce n’est pas seulement un disque qu’on écoute. C’est un objet qu’on traque, qu’on attend, qu’on chérit une fois en notre possession. C’est une signature, un souvenir d’un concert, une pochette qu’on expose comme un tableau parfois.
Pour certains, c’est une passion qui se vit dans le temps long, une véritable chasse au trésor. J’ai eu la chance (et parfois la frustration, avouons-le) de parcourir ce chemin. Des années à chercher certains vinyles quasi-introuvables, des vinyles que je n’avais parfois vu qu’une fois aux enchères pendant 10 ou 15 ans.
Grâce à ces compositions majestueuses, j’ai pu vivre des concerts magiques qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Et d’autres qui m’ont déçu mais qui ont, malgré tout, laissé une trace précieuse.
Dans cet article, je veux partager cette fresque personnelle : comment les vinyles m’ont fait voyager du monde de Final Fantasy à celui de Ghibli, en passant par Saint Seiya et L’Attaque des Titans.
Pourquoi parler de vinyles dans l’univers des goodies ?
Dans l’imaginaire collectif, un goodie évoque surtout de petits objets accessibles : un porte-clé, un badge, une figurine bon marché. Des souvenirs, des bibelots sans grand intérêt qui prolongent l’expérience d’une œuvre sans prétention artistique particulière.
Le vinyle, lui, change complètement de dimension.
D’abord par son format : large, visuel, rétro, presque cérémoniel. La pochette attire l’œil, impose une présence que n’aura jamais un CD ou un fichier dématérialisé.
Ensuite, par sa qualité sonore : le rituel du sillon et de la platine restitue une texture, une profondeur qu’aucun streaming ne peut égaler, quelque soit le matériel utilisé.
Enfin, par sa rareté : beaucoup de vinyles d’OST sont produits en séries limitées, parfois quelques centaines d’exemplaires.
Résultat : là où un porte-clé est un clin d’œil, le vinyle est un fragment d’œuvre. Certains l’achètent pour le son, d’autres pour l’objet, d’autres encore pour la collection. Moi, j’y ai trouvé un mélange des trois.

La quête fondatrice : Final Fantasy et Nobuo Uematsu
Ma véritable plongée dans le monde des vinyles dérivés a commencé avec Final Fantasy. Plus précisément avec un vinyle qui est devenu une obsession : le coffret Final Fantasy Vinyls (2013).
Des années à chercher ce coffret. Des enchères (rares) et (souvent) ratées et des prix délirants.
C’est aussi ce qui fait la beauté , et surtout la cruauté, de la collection : cette alternance de frustration et d’exaltation.
Quand enfin j’ai pu l’ajouter à ma collection, ce n’était pas seulement un achat. C’était la fin d’une quête. Un peu comme finir un boss caché après des dizaines d’heures de jeu.
Ce coffret représentait plus qu’une collection de disques : il incarnait la patience, la passion et ce lien intime que j’entretiens avec la musique de Nobuo Uematsu.
Ce lien s’est matérialisé une première fois lors d’un concert de Distant Worlds. Mon premier concert symphonique de Final Fantasy. Entendre en direct Sephiroth ou le thème Chocobo reste gravé dans ma mémoire.
Mais le summum eut lieu quelques heures plus tard, lorsque Nobuo Uematsu a signé mon vinyle. En un instant, l’objet est devenu un talisman. De goodies, il est passé au rang de relique personnelle.


Les hauts et les bas de la chasse au trésor
La collection n’est jamais un long fleuve tranquille. On rêve de moments magiques, mais la réalité est parfois plus nuancée.
Je l’ai vécu avec le concert Saint Seiya Symphonic Adventure au Grand Rex en 2022. Ce concert, je l’attendais avec impatience. La nostalgie de mon enfance, le souvenir des opening mythiques, la promesse d’un grand moment symphonique.
J’avais même pris un pass VIP à plus de 200 €, convaincu de vivre une expérience hors du commun.
Et pourtant, la déception fut au rendez-vous. Les goodies étaient de piètre qualité, le son n’était pas à la hauteur, la chanteuse peinait sur certains passages du thème de Hyoga, l’ensemble manquait de puissance. Sans oublier le Covid qui est venu rabattre les cartes de l’organisation de l’événement.
Mais je dois avouer que, pour le prix, j’ai eu du mal à digérer.
Mais la chasse au trésor a ceci de particulier : même un échec apparent peut se transformer en victoire. Ce jour-là, j’ai eu la chance de rencontrer le chanteur de Pegasus Fantasy : Nobuo Yamada (qui nous a quitté cette année).
Il a signé mon vinyle et là encore, tout a basculé. Le vinyle restera dans ma mémoire, bien plus que la médiocrité du concert.
Au fond, c’est peut-être ça, la vraie magie de la collection : elle transcende les moments ratés.

Quand la musique devient talisman : Joe Hisaishi et Ghibli
S’il est un compositeur capable de parler à tous, initiés ou non, c’est bien Joe Hisaishi. Sa musique pour le Studio Ghibli est devenue universelle, une langue commune entre générations et cultures.
Assister à un concert de Hisaishi, c’est une expérience quasi mystique. Quand l’orchestre attaque les premières notes de Totoro ou du Voyage de Chihiro, une vague d’émotion parcourt la salle entière. On n’écoute pas seulement une musique : on retrouve un morceau de son enfance, une part d’imaginaire collectif.
J’ai eu le privilège de vivre cette magie en direct à plusieurs reprises. Et, une fois encore, de repartir avec un vinyle signé.
Ce vinyle n’est pas seulement un disque. C’est une relique émotionnelle. Chaque fois que je le regarde, je revois la salle, les visages émus autour de moi, la communion silencieuse de milliers de personnes suspendues aux mêmes notes.
C’est la preuve qu’un vinyle n’est pas un simple support. C’est un condensé de mémoire et de transmission.

Le futur déjà écrit : l’Attaque des Titans et la collection infinie
Comme tu t’en doutes, une collection n’est jamais terminée. Elle vit dans l’attente du prochain objet, du prochain événement.
Dans quelques semaines, je vais assister à un concert symphonique de L’Attaque des Titans. Je connais déjà la puissance émotionnelle de l’OST : des morceaux épiques, sombres, qui accompagnent un récit brutal et viscéral. Un anime que j’ai fini de visionner il y a de cela que quelques jours.
J’imagine déjà l’orchestre lancer Guren no Yumiya ou Call Your Name et la salle vibrer à l’unisson.
Je ne sais pas encore si je repartirais avec un vinyle, signé ou non. Mais je sais déjà que ce moment s’ajoutera à ma fresque personnelle.
Car la chasse au trésor, c’est aussi ça : le futur déjà écrit, l’émotion anticipée. Chaque vinyle devient une pièce du passé. Mais chaque concert est une promesse pour demain.
Vinyle vs streaming : l’objet comme mémoire vivante
Pourquoi collectionner des vinyles alors qu’il suffit d’ouvrir Spotify ou YouTube pour écouter une OST ?
La réponse est simple. Et elle tient en un mot : mémoire.
Le streaming est pratique, mais il est intangible. Il ne laisse pas de trace. Dans la société actuelle, on consomme, on ingurgite, puis on passe à autre chose.
Le vinyle, lui, ancre la musique dans la matière.
- le son : plus chaud, plus organique, il oblige à une écoute attentive. On ne zappe pas un vinyle comme une playlist.
- le rituel : sortir le disque, poser l’aiguille, retourner la face … tout ce temps impose un respect, une concentration qui transforme l’écoute en cérémonie.
- l’objet : la pochette, les illustrations, les inserts … autant d’éléments qui racontent une histoire aussi bien visuelle que tactile et émotionnelle.
- la rareté : un vinyle tiré à 500 exemplaires n’est pas remplaçable. Il a une valeur intrinsèque, culturelle et personnelle.
Là où le streaming standardise, le vinyle singularise. Chaque disque est une pièce unique d’un puzzle culturel.
Conclusion : le vinyle, plus qu’un objet : un morceau d’histoire
En apparence, les vinyles de jeux vidéo, d’anime ou de films sont des goodies comme les autres. Mais pour qui les collectionne et les vit, ils deviennent bien plus que cela.
Ils sont à la fois :
- des souvenirs personnels (le concert vécu, la signature obtenue, la quête achevée),
- des œuvres universelles (Final Fantasy, Ghibli, Saint Seiya, SNK),
- des reliques culturelles (des objets rares, chargés d’émotion et d’histoire).
La collection de vinyles n’est pas une accumulation. C’est une chasse au trésor infinie, faite de patience, de frustrations, de joies et de découvertes. Chaque vinyle est un fragment de mémoire vivante, qui transforme le goodie en véritable héritage.
Et c’est peut-être ça, la beauté de cette passion : elle transforme la musique en mémoire vivante, et chaque disque en une porte ouverte vers un univers qui continue de vibrer.
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