Quand un simple coup de crayon a changé ma façon de voir les animés
Les dessins originaux d’animés fascinent de plus en plus de passionnés : qu’il s’agisse des anciens celluloïds (cels), peints à la main pour chaque épisode, ou des dougas et gengas, ces croquis qui révèlent le geste de l’animateur. Mais derrière la technique se cache une véritable aventure personnelle. Dans cet article, je partage mon parcours de collectionneur : de mes premiers achats de celluloïds de Saint Seiya jusqu’à ma passion pour les dessins préparatoires de séries comme Fate ou Shaman King. Pourquoi ai-je abandonné les cels pour ne garder que le trait vivant du crayon ? Comment cette passion m’a transformé en spécialiste prêt à transmettre cette mémoire unique ? Voici mon histoire.
Sommaire
- La première fois : un papier qui change tout
- Ma période celluloïds : les premières flammes de la passion
- La bascule vers les dougas et les gengas
- Le cœur de ma passion : le trait qui fait vivre un univers
- Mes critères de collectionneur : du coup de cœur à la finesse
- Les cicatrices du collectionneur
- Du fan au conservateur : transmettre une mémoire
- Conclusion : mon manifeste intime
La première fois : un papier qui change tout
Je m’en souviens comme si c’était hier. La réception de mon premier cellulo : une simple feuille de plastique transparent, peinte à la main, qui portait pourtant en elle un univers entier.
C’est comme ça que j’ai découvert ce que l’on appelle les celluloïds ou plus simplement les cels. Ces fines feuilles de plastique étaient utilisées dans les animés traditionnels pour peindre les personnages et créer des animation image par image, avant de les superposer sur un décor fixe et de les filmer. Pendant des décennies, c’est ainsi que nos animés préférés prenaient vie.
Et un jour, j’ai appris que ces fragments de mémoire pouvaient se retrouver entre les mains de collectionneurs. Des originaux ! Ceux qui avaient servi à créer les épisodes que j’avais regardés en boucle quand j’étais enfant.
Quand j’ai découvert qu’il était possible d’acheter un cel de Saint Seiya, mon cœur a fait un bond. J’avais grandi avec ces chevaliers en armures, ces combats épiques, ce souffle héroïque qui avait bercé ma jeunesse. Mais là, ce n’était plus un simple souvenir d’écran.
C’était un morceau physique de l’anime lui-même. Une pièce qui avait voyagé depuis les coulisses d’un studio japonais jusqu’à mes mains.
À ce moment-là, j’ai compris qu’on pouvait non seulement regarder un anime, mais aussi posséder un fragment de son histoire.


Ma période celluloïds : les premières flammes de la passion
Au début, j’achetais un peu tout ce qui passait. Les prix étaient accessibles et chaque acquisition me donnait l’impression de pénétrer un peu plus dans les coulisses de mes séries préférées.
Les cels avaient, pour moi, quelque chose de magique : la couleur, le rendu fidèle à ce que j’avais vu à l’écran, l’impression d’avoir entre les mains “le plan original” ou “mon personnage préféré” d’un épisode culte.
Mais au fur et à mesure des années, une frustration a fait son apparition. À force d’observer ces celluloïds, je me suis rendu compte qu’ils étaient figés. Les lignes me semblaient bien souvent trop fades, parfois même maladroites. Le rendu n’était pas toujours fidèle à mes souvenirs télévisés. Pire encore, je trouvais souvent les photographies plus belles que la pièce elle-même. Le magie disparaissait lorsqu’une pièce arrivait dans mes mains.
En parallèle, les prix commençaient à grimper. La spéculation gagnait du terrain. Certains collectionneurs s’arrachaient les mêmes certains personnages spécifiques et je voyais des sommes délirantes circuler pour des pièces qui, à mes yeux, avaient perdu de leur âme.
Alors je me suis mis à observer d’un autre œil les dessins préparatoires qui accompagnaient souvent ces celluloïds. Des feuilles de papier légères, couvertes de traits noirs, parfois accompagnées de corrections en rouge ou en bleu.
Et c’est là que la vraie révélation est arrivée.

La bascule vers les dougas et les gengas
Les dougas (dessins clés finalisés) et les gengas (ébauches des animateurs clés) avaient quelque chose de brut, de vivant. De vraiment d’authentique.
Là où le cel semblait figé, ces dessins vibraient encore du geste de l’animateur.
Chaque trait noir sur la feuille me paraissait habité. La finesse d’un coup de crayon, les corrections nerveuses en marge, les annotations pour le timing… Tout témoignait d’un processus créatif en mouvement.
C’est donc à travers ces dessins que j’ai commencé à ressentir une proximité avec l’animateur lui-même. Là où le cel n’était qu’un produit fini, le douga était une fenêtre ouverte sur la main qui avait donné vie au personnage.
Ainsi, petit à petit, ma collection a pris une autre tournure. Les celluloïds, qui m’avaient tant fasciné au départ, me semblaient désormais tristes en comparaison de ces coups de crayons magistraux.
Je les ai donc peu à peu délaissés pour me consacrer uniquement aux dessins originaux.

Le cœur de ma passion : le trait qui fait vivre un univers
On ne va pas se mentir : il y a quelque chose d’incroyable dans un simple trait de crayon. Comme si, d’une feuille blanche, pouvait émerger de la magie, rendre vivant quelque chose d’inanimé.
Je ressens beaucoup plus d’émotions dans un trait noir franc que dans des aplats de couleur. Parce que ce trait, c’est le souffle de l’animateur. C’est l’instantanéité de son geste, la vibration de son intention.
Quand je regarde certains de mes dougas de Fate/stay night (version Deen), de Shaman King ou de Tenjho Tenge, j’ai presque l’impression de sentir le personnage vivre. Les lignes ne sont pas toujours parfaites, elles tremblent même parfois. Mais c’est précisément ce qui leur donne cette puissance.
Un douga, c’est une trace humaine. Un fragment de vie passé par les doigts d’un animateur, et qui, des années plus tard, vient résonner dans mon propre cœur.

Mes critères de collectionneur : du coup de cœur à la finesse
Au fil du temps, mon regard s’est affiné. Je suis passé du collectionneur compulsif qui achetait tout ce qui était abordable à un passionné plus sélectif.
Trois critères guident désormais mes choix :
- le coup de cœur immédiat : une scène, un personnage, un mouvement qui me parle avant même que je n’aie réfléchi.
- la finesse et la précision du trait : le dessin doit porter en lui cette subtilité, allier élégance et force. Il doit donner envie d’y plonger le regard.
- la série : certaines licences résonnent profondément en moi : Saint Seiya, évidemment, à mes début mais désormais Fate (Deen / Ufotable), Shaman King ou encore Tenjho Tenge.
Ces critères ne sont pas des règles figées. Ils traduisent simplement ce que je cherche au fond : être touché, vibrer, ressentir la vie dans un fragment de papier.


Les cicatrices du collectionneur
Je me souviens d’un achat qui m’a longtemps hanté : un dessin de Rider (Fate). Une pièce sublime, rare, qui me fascinait. Le prix que j’y ai mis ? plus de 2000 €. J’ai fini par craquer, convaincu qu’elle les valait. Mais surtout, happé par la folie des enchères.
Ce n’est que plus tard que j’ai appris la vérité : je connaissais cette personne et elle avait fait grimper les enchères au maximum pour voir jusqu’où la personne en face était capable de monter. Et cette personne, c’était moi.
Ce jour-là, j’ai ressenti une colère immense, mêlée à une tristesse sourde. J’aurais préféré écrire directement à cette personne et éviter de dépenser autant.
Cette mésaventure a marqué une étape dans ma vie de collectionneur (et de couple soit dit-en passant).
Elle m’a rappelé que la passion pouvait parfois se heurter à la réalité crue du marché, à la spéculation, aux comportements toxiques de certains collectionneurs.
Depuis, je garde une forme de vigilance. J’essaie de ne pas me laisser happer par la folie des prix, même si je sais que certaines pièces rares continueront toujours de me faire battre le cœur plus vite.
Mais je sais aussi désormais qu’on ne peut pas tout avoir …
Du fan au conservateur : transmettre une mémoire
À force d’accumuler des pièces, quelque chose a changé en moi. Je ne voulais plus seulement posséder ces dessins. J’ai eu envie les partager.
C’est pour ça que j’ai ouvert un blog, puis un compte Instagram. J’y mets en valeur mes pièces, avec des photos soignées, mais aussi avec des explications. Parce que derrière chaque dessin se cache une histoire, un processus, une main humaine.
Mon rêve est bête : organiser un jour une exposition autour de mes collections, en particulier autour des univers de Fate et des studios comme Deen ou Ufotable.
J’aimerais que les visiteurs puissent comprendre comment une série animée prend vie à travers ces dessins. Voir l’évolution au fil des ans. Ressentir la même émotion que moi face à un simple trait de crayon.
C’est là que j’ai réalisé : j’étais passé du fan émerveillé au conservateur passionné.
Je ne veux désormais plus garder cette mémoire pour moi seul. Je veux la transmettre, la faire vibrer dans le cœur d’autres personnes.
Conclusion : mon manifeste intime
Si je devais résumer pourquoi je collectionne, je dirais ceci :
Je collectionne car ça me touche au cœur et que chaque pièce me fait me sentir un peu plus vivant. Comme si chaque univers m’appartenait un petit peu à chaque fois.
Les dessins originaux d’animés ne sont pas que des objets. Ils sont des fragments de mémoire, des témoins du geste créatif, des éclats d’humanité cachés derrière nos séries préférées.
Et à chaque fois que je pose les yeux sur l’un d’eux, je me rappelle pourquoi j’ai choisi cette passion : parce que dans chaque trait, il y a une étincelle de vie.
Article réalisé par imacollector® — archive éditoriale dédiée à la mémoire et à l’héritage de la pop culture japonaise.
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