Le glossaire pour t’apprendre à distinguer les différents types de matériaux d’animation avant d’acheter
Quand on parle de “dessins originaux d’anime”, on croit souvent désigner une catégorie claire. En réalité, cette formule sert surtout de raccourci pour parler d’objets très différents : storyboard, layout, genga, douga, cel, background, settei ou hanken cel.
Sommaire
- Pourquoi l’expression “dessins originaux d’anime” est trop floue
- Les 4 grandes familles de matériaux d’animation
- Les matériaux de mise en scène
- Les matériaux d’animation
- Les matériaux de finalisation et de référence
- Les types de cels et variantes notables
- Comprendre un matériau, c’est déjà mieux collectionner
- Par où commencer quand on débute ?
- Sommaire du glossaire complet
- Mise en scène
- Animation
- Finalisation et référence
- Types de cels
- Conclusion
Le problème n’est pas seulement lexical. Chaque pièce conserve autre chose de l’œuvre ou de son animateur : une intention de mise en scène, une étape du mouvement, un décor, une couleur, une image finalisée ou un visuel promotionnel. Les mettre sous une même étiquette revient à perdre une partie de ce qu’elles permettent encore de lire du processus d’animation.
Ce glossaire a été pensé pour t’aider à mieux nommer et, surtout, mieux regarder. À distinguer un storyboard d’un layout, un genga d’un douga, un cel de production d’un hanken cel. Et à rappeler qu’en animation art, la précision n’est pas un détail : c’est souvent ce qui sépare la collection de la simple spéculation.
Il sera enrichi progressivement avec des exemples visuels issus de différents types de matériaux d’animation.
Pourquoi l’expression “dessins originaux d’anime” est trop floue
L’expression “dessins originaux d’anime” reste utile pour désigner, de manière générale, des matériaux liés à la fabrication d’une série ou d’un film d’animation japonais. Elle devient pourtant plus qu’insuffisante dès que l’on cherche à comprendre ce que l’on regarde vraiment.
Un storyboard sert à penser une séquence.
Un layout construit un plan.
Un genga pose les moments-clés du mouvement.
Un douga affine et prolonge ce mouvement.
Un cel correspond à une image finalisée sur support transparent.
Un background conserve le décor.
Un settei sert de référence graphique.
Un hanken cel relève souvent d’une logique promotionnelle.
Tout appeler “dessin original” revient donc à englober des objets qui n’ont ni la même fonction, ni la même valeur documentaire, ni la même place dans la chaîne de production.
Ce glossaire n’a qu’un but : redonner à chaque pièce son rôle exact car avant de parler de rareté, de prix ou de prestige, il faut déjà savoir ce que l’objet représente et documente.
Les 4 grandes familles de matériaux d’animation
Pour une meilleure compréhension, j’ai choisi de regrouper les matériaux d’animation en quatre grandes familles.
Cette classification sert surtout de repère pour mieux comprendre de quoi on parle, que l’on soit lecteur, amateur, collectionneur débutant ou déjà habitué à manipuler ces pièces.
Ainsi, les quatre familles sont :
- les matériaux de mise en scène
- les matériaux d’animation
- les matériaux de finalisation et de référence
- les types de cels et variantes notables
Mon objectif est simple : t’aider à ne plus regarder uniquement l’image, mais à comprendre la fonction de l’objet.
Les matériaux de mise en scène
Les matériaux de mise en scène interviennent avant l’animation proprement dite. Ils servent à penser, découper, organiser ou préparer une séquence.
On y retrouve notamment :
- le storyboard
- l’ekonte
- le vkonte
- l’animatic
- le layout
Ces documents ne montrent pas encore forcément l’image finale. Leur intérêt est tout autre : il aide dans la construction du plan, le rythme de la scène, le cadrage, la composition, la circulation du regard ou l’organisation de l’espace.
Un storyboard peut révéler la logique d’une séquence.
Un layout peut montrer comment un plan a été construit avant d’être animé.
Un animatic peut donner une première idée du rythme, du montage et de la respiration d’une scène.
Ce sont des pièces parfois moins spectaculaires au premier regard, mais très précieuses pour comprendre comment une image a été pensée avant d’exister à l’écran.
Les matériaux d’animation
Les matériaux d’animation correspondent au cœur du mouvement dessiné.
On y retrouve notamment :
- le genga
- le nigen
- le douga
Ici, on entre dans la fabrication du geste. Ces pièces permettent de comprendre comment une pose devient un mouvement, comment une intention se transforme en animation claire et lisible, et comment un plan prend vie image après image.
Le genga pose souvent les moments importants du mouvement.
Le nigen peut intervenir comme dessin de seconde clé ou étape intermédiaire selon les productions.
Le douga affine, stabilise et prépare la continuité nécessaire à l’animation.
Un genga n’est donc pas meilleur qu’un douga par principe. Il n’a simplement pas le même rôle. Le premier conserve souvent l’énergie des poses-clés alors que le second documente la précision, la régularité et la continuité du mouvement.
Les deux peuvent être passionnants, mais pas pour les mêmes raisons. Personnellement, c’est l’étape de l’animation que je préfère.
Les matériaux de finalisation et de référence
ILes matériaux de finalisation et de référence regroupent des pièces très différentes, mais liées à l’aboutissement visuel de l’image ou à la cohérence graphique d’un univers.
On y retrouve notamment :
- le cel
- le background
- le settei
- les character sheets
- le prop design
- le color design
- l’artboard
Un cel appartient à la logique de l’image finalisée dans l’animation traditionnelle.
Un background présente un décor ou une ambiance.
Un settei sert de référence graphique pour maintenir la cohérence d’un personnage, d’un costume, d’un objet ou d’un lieu.
Un prop design documente un accessoire ou un élément précis de l’univers.
Un color design indique les choix chromatiques qui permettent d’harmoniser l’image.
Ces matériaux peuvent aussi révéler la grammaire visuelle d’une œuvre : la manière dont les personnages sont construits, les décors imaginés, les objets définis et les couleurs validées.
Ils sont essentiels pour comprendre que l’animation ne repose pas uniquement sur le mouvement, mais aussi sur une mémoire visuelle partagée et comprise par toute l’équipe de production.
Les types de cels et variantes notables
Tous les cels ne relèvent pas du même usage.
On retrouve notamment :
- le cel de production
- le hanken cel
- le pan cel
- le harmony cel
Le cel de production est directement lié à la fabrication d’un épisode, d’un OAV ou d’un film en animation traditionnelle. Il correspond à une image peinte sur support transparent, destinée à être associée à un décor pour composer l’image finale.
Le hanken cel répond à une autre logique. Il est généralement lié à des visuels promotionnels, à des illustrations destinées à des magazines, affiches, produits dérivés ou supports de communication.
Le pan cel accompagne des plans plus larges, souvent liés à des mouvements de caméra ou à des compositions étendues.
Le harmony cel désigne des traitements visuels particuliers, généralement plus picturaux, qui donnent à certaines images un rendu spécifique.
Les distinguer est important, parce que le mot “cel” donne parfois l’illusion d’une catégorie complètement homogène alors qu’en réalité, deux cels peuvent avoir des fonctions, des statuts et des intérêts très différents.
Comprendre un matériau, c’est déjà mieux collectionner
Quand on débute, on regarde souvent d’abord l’image : le personnage, la scène, la beauté immédiate de la pièce. C’est parfaitement normal. L’attachement commence par le regard.
Mais collectionner des matériaux d’animation demande rapidement une autre approche. Très vite, il faut apprendre à se demander :
- de quel type de pièce s’agit-il ?
- à quel moment de la fabrication intervient-elle ?
- documente-t-elle un mouvement, un décor, une intention de mise en scène ou une image promotionnelle ?
- que conserve-t-elle que l’image finale ne montre plus ?
- que peut-on réellement affirmer à partir de cette pièce ?
Ces questions changent profondément la manière de regarder.
Un cel n’est pas automatiquement supérieur à un genga.
Un douga n’est pas un sous-produit sans intérêt.
Un layout peut parfois en apprendre plus sur un plan qu’une autre pièce.
Un hanken cel ne joue pas le même rôle qu’un cel de production.
Un settei peut être essentiel pour comprendre la cohérence graphique d’un personnage ou d’un univers.
La valeur d’un matériau d’animation n’est donc pas seulement liée à son apparence, à son personnage ou à sa rareté supposée. Elle tient aussi à ce qu’il documente.
C’est cette nuance qui permet de sortir d’une lecture trop superficielle des objets.
Par où commencer quand on débute ?
Si tu découvres ces termes pour la première fois, le plus simple est de commencer par quelques repères fondamentaux.
Le storyboard permet de comprendre comment une scène est pensée.
Le layout montre comment un plan est construit.
Le genga permet de voir où le mouvement prend forme.
Le douga montre comment ce mouvement est affiné et rendu continu.
Le cel permet de comprendre à quoi ressemble une image finalisée dans l’animation traditionnelle.
Le background donne accès à la mémoire du décor.
Le hanken cel aide à distinguer production et promotion.
Ces repères suffisent déjà à éviter une grande partie des confusions.
À partir de là, les autres catégories deviennent plus faciles à comprendre : settei, prop design, color design, artboard, pan cel, harmony cel, nigen ou encore animatic.
L’important n’est pas de tout retenir immédiatement. L’important est de comprendre que chaque terme correspond à une fonction précise.
Et cette fonction change la manière de regarder la pièce.
Sommaire du glossaire complet
Voilà un accès direct aux termes spécifiques du glossaire :
Mise en scène
- Storyboard
- Ekonte
- Vkonte
- Animatic
- Layout
Animation
- Genga
- Nigen
- Douga
Finalisation et référence
- Cel
- Background
- Settei / character sheets
- Prop design
- Color design
- Artboard
Types de cels
- Cel de production
- Hanken cel
- Pan cel
- Harmony cel
Conclusion
Parler de “dessins originaux d’anime” sans distinguer les matériaux revient à effacer une bonne partie de ce qui fait leur intérêt.
Chaque type de pièce conserve quelque chose de différent : une idée de mise en scène, une structure de plan, une énergie de mouvement, une image finalisée, une cohérence visuelle ou une fonction promotionnelle.
Les regarder comme un ensemble indifférencié, c’est passer à côté de ce qu’ils racontent vraiment.
Je pense que mieux distinguer ces matériaux te permettra d’apprendre à y voir plus clair et à ne pas te tromper dans tes premiers achat. Et dans un domaine où les mots sont souvent flous, cette précision est déjà une forme de collection.



