[dossier] Pourquoi Reiner veut-il devenir un « bon Eldien » ?
Enfant, Reiner Braun croit avoir trouvé la solution à presque tous les problèmes de sa famille : devenir Guerrier pour Mahr. Sa mère Karina est Eldienne, son père est Mahr et, dans la société où ils évoluent, cette différence suffit à les empêcher de former une famille normale. Reiner grandit donc avec sa mère dans un camp d’internement à Revelio. Loin de cet homme qu’il connaît à peine, il conserve l’espoir qu’un jour cette situation puisse changer. S’il est sélectionné parmi les candidats Guerriers et hérite d’un Titan, lui et sa mère pourraient accéder au statut privilégié accordé aux familles des Guerriers. Dans son esprit, cette promotion permettra enfin à son père de les rejoindre. Enfin, sur le papier…
Sommaire
- Quand une société vous apprend que votre naissance est déjà un problème
- Les « bons » Eldiens et les autres
- Pourquoi chercher l’approbation de ceux qui vous considèrent comme inférieur ?
- Quand appartenir ne suffit pas
- Servir un pays peut-il devenir une preuve de loyauté ?
- Karina Braun : quand la famille transmet aussi les règles du système
- Devenir Guerrier pour prouver qu’il méritait sa place
- Pourquoi continuer lorsque les premières raisons ont déjà disparu ?
- Sur Paradis, les « démons » deviennent les camarades de Reiner
- Quand les souvenirs ne ressemblent plus à des « démons »
- Faire tout ce qu’on vous demande sans jamais faire disparaître la frontière
- Être accepté est-il encore une forme d’intégration lorsque l’acceptation exige de condamner ceux qui nous ressemblent ?
- À la fin, Karina ne veut plus qu’un fils
- Sources
- Attack on Titan / Shingeki no Kyojin
- Identité sociale, mobilité individuelle et appartenance
- Minorité modèle, discrimination et acceptation conditionnelle
- France : sentiment d’appartenance et regard des autres
- Luxembourg : langue, origine et déni d’identité culturelle
- Socialisation familiale et préparation face aux discriminations
- Nippo-Américains, internement et service militaire pendant la Seconde Guerre mondiale
- Alsace-Moselle et « Malgré-nous »
Il y a quelque chose d’assez terrifiant dans cette pensée lorsqu’on s’y attarde : Reiner n’a encore commis aucun crime, n’a jamais rencontré un habitant de Paradis et ne porte évidemment aucune responsabilité dans ce qu’a pu faire l’ancien Empire eldien plusieurs générations avant sa naissance. Pourtant, il a déjà appris que quelque chose dans son existence pose problème et qu’il lui appartient de le compenser.
Le brassard qu’il porte, la zone dans laquelle il vit, l’absence de son père et la manière dont sa mère parle de leur « sang » lui démontrent très vite que son identité eldienne ne se limite pas uniquement à une origine familiale. Elle influence la place qu’il peut occuper dans la société jusqu’à la possibilité de vivre avec les personnes qu’il aime. Mahr peut malgré tout lui offrir une voie de salut afin d’améliorer cette situation. Les Eldiens restent une population discriminée. Malgré tout, certains peuvent bénéficier d’un traitement particulier s’ils deviennent réellement utiles au pays. Ainsi, le programme des Guerriers transforme le service militaire en possibilité d’ascension sociale pour Reiner et, ce faisant, sa famille entière.
Et c’est ce qui rend le personnage de Reiner plus profond et plus intéressant qu’un simple enfant endoctriné. En effet, la société dans laquelle il grandit ne lui apprend pas uniquement pourquoi son peuple doit avoir honte de son passé. Elle va aussi lui montrer qu’il existe une manière d’être un Eldien plus acceptable que les autres.
Dans cet article, j’ai donc essayé de comprendre pourquoi une personne victime de discrimination peut chercher à obtenir l’approbation de ceux qui la considèrent comme inférieure. Mais peut-on encore parler d’acceptation lorsque celle-ci exige de se distinguer de celles et ceux qui nous ressemblent ?
Quand une société vous apprend que votre naissance est déjà un problème
Les chapitres 94 et 95 reviennent sur l’enfance de Reiner et nous permettent d’en apprendre énormément sur son passé. Karina, sa mère, lui explique que les Eldiens vivent enfermés parce que le « sang des démons » coule dans leurs veines. Elle lui explique également que leur situation est due aux Eldiens qui ont suivi le roi Fritz sur Paradis, présentés comme ceux qui ont abandonné leurs semblables sur le continent. Dans le même temps, Reiner sait que son père est Mahr et comprend que c’est ce qui l’empêche de vivre avec eux.
Pour l’enfant qu’il est, l’identité eldienne explique aussi bien la ségrégation qu’il observe tous les jours que l’absence de son père. Une histoire vieille de plusieurs générations vient donner une explication au problème le plus intime de sa propre vie. L’histoire même de ces deux peuples se mêle à la sienne avant même sa naissance et le poursuivra toute sa vie.
Le programme des Guerriers apparaît à Reiner comme une possibilité de modifier les choses sans avoir à imaginer une transformation profonde de la société. Mahr recrute des enfants eldiens afin qu’ils héritent des Neuf Titans et servent son armée. Les familles des candidats retenus peuvent obtenir un statut honorifique qui leur apporte des avantages auxquels les autres habitants des zones d’internement n’ont pas accès. Reiner comprend ainsi qu’un Eldien suffisamment utile peut espérer vivre autrement que la majorité des siens.
Sa réaction est tout à fait naturelle : il va tout faire pour utiliser les règles du monde dans lequel il a grandi afin d’obtenir ce qu’il souhaite. Malheureusement, cette stratégie est profondément injuste puisque le problème qu’il cherche à résoudre a lui-même été créé par ces règles.

Les « bons » Eldiens et les autres
Je n’ai nullement inventé la formule de « bon Eldien » : cette distinction existe bien dans Attack on Titan. Dans le chapitre 91, Gaby explique vouloir montrer au monde qu’il existe encore des Eldiens dignes de confiance en participant à la destruction des habitants de Paradis. Quelques chapitres plus tard, la mère de Reiner reprend une opposition comparable en distinguant les Eldiens loyaux vivant sur le continent des « démons de l’île ».
Cette expression spécifique décrit une norme morale : l’Eldien acceptable reconnaît la culpabilité attribuée à son peuple, se montre loyal envers Mahr et contribue à combattre ceux de Paradis. De ce fait, le statut accordé aux familles des Guerriers appartient à un autre niveau : il apporte de véritables privilèges sans supprimer l’origine eldienne de ceux qui en bénéficient. Ce système récompense donc certains individus tout en maintenant intacte la hiérarchie qui pèse sur l’ensemble du groupe.
Cette logique a été étudiée dans des contextes beaucoup moins violents à travers la notion de « minorité modèle ». Aux États-Unis, le stéréotype appliqué aux Américains d’origine asiatique a parfois présenté leur réussite scolaire ou économique comme la preuve qu’une minorité suffisamment travailleuse et intégrée pouvait trouver sa place. Ces comparaisons ont aussi pu servir à minimiser les contraintes rencontrées par d’autres populations, comme si le succès de certains pouvait suffire à montrer que tout le monde disposerait des mêmes possibilités.
Ce mécanisme permet de mieux expliquer ce que représente le programme des Guerriers : quelques Eldiens peuvent améliorer leur situation sans que la condition de leur peuple disparaisse pour autant.
Lorsqu’il est enfant, Reiner n’a qu’une envie : que sa mère et lui puissent vivre autrement et que cette nouvelle position permette enfin à son père de revenir auprès d’eux. Rien de plus. Cette promesse d’un meilleur statut social vient répondre à un désir extrêmement simple : pouvoir avoir une famille.
C’est pour cela qu’elle résonne si fortement en lui.
Servir le système ne signifie pas forcément y croire
Dans Code Geass, les Britannians honoraires et les populations des territoires conquis montrent une autre forme d’intégration conditionnelle : certaines personnes peuvent obtenir davantage de droits ou de reconnaissance en servant l’Empire, sans que la hiérarchie entre Britannians et peuples dominés disparaisse pour autant.
La comparaison s’arrête là, mais le mécanisme aide à comprendre pourquoi une promotion individuelle ne suffit pas toujours à supprimer la frontière collective.

Pourquoi chercher l’approbation de ceux qui vous considèrent comme inférieur ?
Le programme des Guerriers représente ainsi, pour certains enfants eldiens, l’une des rares possibilités d’améliorer leur condition, quitte à apprendre à se distinguer d’une partie de leur propre peuple.
Les travaux d’Henri Tajfel et John Turner sur l’identité sociale permettent d’envisager une réponse à cela. Lorsqu’un groupe occupe une position défavorisée, ses membres peuvent essayer de modifier collectivement la hiérarchie ou chercher une amélioration individuelle lorsque la frontière paraît franchissable pour quelques personnes. Cette dernière stratégie est souvent désignée comme une forme de mobilité individuelle. Elle n’exige pas de considérer l’ordre social comme juste. Il suffit que la transformation collective semble presque inaccessible alors qu’une voie personnelle existe réellement.
Et c’est exactement dans ce type d’environnement que Reiner grandit. Rien ne lui permet de croire qu’un enfant pourra remettre en cause le pouvoir de Mahr ou obtenir l’égalité pour l’ensemble des Eldiens. Le programme des Guerriers existe bel et bien et peut offrir des bénéfices concrets à ceux qui sont sélectionnés. N’oublions pas que cette perspective touche plusieurs dimensions de son histoire personnelle : réussir peut non seulement améliorer la situation de sa mère, mais aussi rendre son père enfin accessible et donner à Reiner une véritable valeur, ce dont il doute parmi les autres candidats.
L’endoctrinement fonctionne également parce qu’il rencontre des désirs qui ne sont pas politiques au départ. Le garçon souhaite simplement être aimé par son père, rendre sa mère fière et devenir quelqu’un dont l’importance ne pourra plus être contestée. Mahr lui apprend progressivement que ces aspirations passent toutes par la même voie.
Par contre, il faut également être conscient de ce que cette voie lui demande réellement. Un candidat qui hérite de l’un des Neuf Titans sait que la malédiction d’Ymir ne lui laissera plus que treize années à vivre. Bertolt rappelle cette limite à Reiner lorsqu’ils sont enfants, sans que celui-ci renonce pour autant à son projet. Il considère que ce temps sera suffisant pour devenir un héros, combattre les habitants de Paradis et accomplir ce qu’on attend de lui.
Cette scène montre bien la force qu’a déjà prise cette ambition : Reiner accepte une vie écourtée alors qu’il est encore enfant parce qu’il croit qu’elle aura davantage de sens si elle lui permet de sauver sa famille et de devenir quelqu’un dont Mahr reconnaîtra la valeur.
C’est là que la société mahr est particulièrement vicieuse : elle ne lui a pas seulement appris à accepter le prix du programme. Elle a réussi à convaincre un enfant qu’une vie écourtée pouvait malgré tout valoir la peine si elle lui permettait enfin d’obtenir ce qu’il désirait.

Quand appartenir ne suffit pas
Cette manière de devoir continuellement faire ses preuves pour obtenir une place reconnue existe sous différentes formes dans nos propres sociétés.
Les recherches consacrées à l’identity denial ont notamment montré que l’on peut se sentir pleinement membre d’un pays tout en voyant cette appartenance remise en cause par les autres. Sapna Cheryan et Benoît Monin ont observé ce phénomène chez des Américains d’origine asiatique, plus souvent confrontés à des situations où leur américanité était mise en doute. Lorsqu’ils étaient renvoyés à une supposée origine étrangère, certains participants avaient alors tendance à réaffirmer plus fortement leurs connaissances ou leurs pratiques associées à la culture américaine.
La France offre un décalage encore plus explicite. Selon l’enquête Trajectoires et Origines 2, 94 % des descendants de deux parents immigrés interrogés déclarent se sentir français. Pourtant, 29 % des descendants d’immigrés d’origine asiatique ou africaine estiment qu’on ne les « voit pas comme des Français », contre moins de 8 % parmi ceux d’origine européenne. Une personne peut donc avoir la nationalité française, se sentir pleinement française et continuer malgré tout à percevoir que cette appartenance lui est moins reconnue qu’à d’autres.
Le Luxembourg, un pays où la diversité et le multilinguisme sont pourtant structurels, me fournit un autre exemple. Des travaux menés auprès de familles portugaises y ont documenté des expériences de cultural identity denial chez certains descendants. L’enquête nationale du LISER et du CEFIS relève également que 48,8 % des personnes interrogées considéraient l’absence de connaissance du luxembourgeois comme une caractéristique susceptible de déclencher des discriminations.
Si je ne connaissais pas le pays, j’aurais pu en conclure que la maîtrise du luxembourgeois constituait finalement la principale barrière à l’intégration. Mais pour avoir moi-même vécu des situations de discrimination liées à la langue, je sais que ce marqueur peut réellement peser dans la manière dont une personne est perçue. Et cela va parfois bien plus loin : certaines personnes issues de familles portugaises, italiennes ou cap-verdiennes peuvent être renvoyées dès leur plus jeune âge à leurs origines ou à leur couleur de peau, alors même qu’elles parlent parfaitement luxembourgeois. La langue comme les origines peuvent ainsi devenir de véritables marqueurs servant à déterminer qui paraît réellement appartenir au pays.
Ces situations n’ont rien de comparable avec la ségrégation imposée aux Eldiens. Elles montrent seulement que le statut juridique, le sentiment personnel d’appartenance et le regard social ne coïncident pas toujours avec notre vision des choses.
Et chez Reiner, cette logique prend une dimension autrement plus violente. La preuve demandée n’est pas de maîtriser une langue ou de démontrer son attachement culturel à Mahr. Son unique possibilité d’améliorer la vie de sa famille passe par le combat et par l’héritage d’un pouvoir qui raccourcira indéniablement sa propre existence.
Quand appartenir demande de devenir quelqu’un d’autre
Dans Fullmetal Alchemist, les Ishvalans vivent eux aussi dans une société où leur appartenance les place à part et où certains choisissent malgré tout de servir l’armée d’Amestris.
Le manga ne raconte pas la même chose que Attack on Titan, mais il pose une question voisine : jusqu’où peut-on chercher une place dans un système qui continue à regarder notre groupe comme différent ou dangereux ?

Servir un pays peut-il devenir une preuve de loyauté ?
Le service militaire occupe une place bien spécifique parce qu’il transforme la loyauté en sacrifice.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de 120 000 personnes d’ascendance japonaise furent déplacées et incarcérées aux États-Unis. Dans le même temps, des soldats nippo-américains servirent dans l’armée américaine, notamment au sein du 442nd Regimental Combat Team. Certains vétérans ont expliqué avoir voulu démontrer qu’ils étaient des citoyens loyaux au pays malgré l’enfermement d’une partie de leurs familles. Tous ne se sont évidemment pas engagés pour les mêmes raisons : certains servirent volontairement, d’autres après le retour de la conscription et certains refusèrent de combattre tant que leurs droits civiques et ceux de leurs proches n’étaient pas restaurés.
Les « Malgré-nous » alsaciens et mosellans sont un exemple encore plus flagrant pour comprendre pourquoi le simple fait de porter un uniforme ne suffit pas à connaître les convictions de celui qui le porte. Après l’annexion de l’Alsace et de la Moselle par l’Allemagne nazie, environ 130 000 hommes furent incorporés de force dans les diverses unités allemandes, tandis que le refus ou la désertion pouvait entraîner de lourdes conséquences aussi bien pour eux que pour leurs familles.
Bien entendu, aucune de ces histoires n’a la même nature ou la même fonction que celle de Reiner. Elles nous rappellent simplement qu’un service militaire peut prendre plusieurs formes : une revendication d’appartenance, une stratégie familiale, une obligation ou encore une contrainte selon les circonstances.
Dans Attack on Titan, les raisons de l’engagement de Reiner sont claires : son engagement d’enfant est façonné par Mahr et par sa mère Karina, mais il s’inscrit surtout dans une volonté personnelle, celle de pouvoir réparer sa famille.
Servir un pays peut-il devenir une preuve de loyauté ?
Pendant la Première Guerre mondiale, environ 100 000 Juifs allemands servirent dans l’armée impériale, et près de 12 000 moururent au combat. Pourtant, cette preuve de loyauté ne les protégea pas ensuite de l’antisémitisme ni, après 1933, des politiques nazies.
Leur histoire rappelle qu’un individu peut chercher à prouver son appartenance par le service sans que le groupe dominant cesse pour autant de le considérer comme différent.

Karina Braun : quand la famille transmet aussi les règles du système
Sans sa mère, Reiner n’aurait probablement jamais construit cette représentation de son avenir. Celle-ci lui explique très tôt comment fonctionne le monde dans lequel ils vivent et continuera à le faire pendant des années.
Son personnage devient beaucoup plus profond lorsqu’on apprend qu’elle subit elle-même les règles qu’elle transmet. Karina vit dans la zone d’internement. Sa relation avec un Mahr ne peut pas être vécue normalement et l’homme avec lequel elle a eu un enfant ne partage pas leur vie. Lorsqu’elle encourage Reiner à entrer dans le programme des Guerriers, elle croit donc aussi utiliser le système pour sortir de la situation qu’il leur impose.
Cette ambiguïté est documentée sous des formes évidemment différentes dans les recherches sur la socialisation familiale des minorités. Des parents confrontés à la discrimination peuvent apprendre à leurs enfants à anticiper certains traitements, à se montrer particulièrement prudents ou à adopter des comportements qui réduisent le risque d’être associés à un stéréotype. Ces conseils peuvent être une stratégie de protection tout en transmettant à l’enfant l’idée qu’il devra parfois être plus irréprochable que d’autres pour bénéficier du même regard.
Karina pousse cette logique beaucoup plus loin puisque la voie qu’elle propose à Reiner passe par le programme militaire de Mahr. Elle espère réellement améliorer leur situation familiale, mais elle lui transmet aussi une vision et une lecture du monde dans lesquelles les habitants de Paradis deviennent responsables d’une partie de leur malheur.
Dans le chapitre 134, Karina reconnaît avoir fait de son fils l’instrument de sa propre vengeance. Elle comprend alors qu’elle lui a imposé un fardeau qu’elle ne s’est pas contentée de lui transmettre, mais qu’elle a continué à nourrir au fil des années.
Une partie des catégories du système est ainsi reprise et transmise par une mère qui croit agir pour offrir une meilleure vie à son enfant.

Devenir Guerrier pour prouver qu’il méritait sa place
Autre particularité importante de ce programme militaire : il offre à Reiner une forme de validation alors qu’il est considéré comme l’un des candidats les moins convaincants. Porco Galliard ne cesse d’ailleurs de le lui rappeler. Reiner est moins performant que plusieurs autres enfants et sa loyauté envers Mahr constitue l’un des domaines où il peut réellement se distinguer.
Lorsque Reiner est finalement choisi pour hériter du Titan cuirassé, l’État vient lui donner enfin une preuve qu’il peut opposer aussi bien aux humiliations de Porco qu’à ses propres doutes. Et il va obtenir avec sa mère le statut qui lui permettra enfin de réaliser leur projet familial. Il part alors retrouver son père avec l’information capable de changer leur situation : il est devenu Guerrier, les Braun vont être traités autrement et l’obstacle qui séparait ses parents devrait enfin pouvoir disparaître. Malgré cela, son père réagit par la peur, car l’existence même de cet enfant eldien et de sa relation avec Karina pourrait mettre en danger sa famille mahr si elle venait à être découverte. Il ne regarde donc pas Reiner comme le fils dont la réussite permettrait enfin de réunir tout le monde, mais comme la trace d’une relation qu’il voudrait surtout voir disparaître.
L’obtention de ce nouveau statut ne produit déjà plus ce qui lui avait été promis dans son imaginaire d’enfant.
Mais cela ne s’arrête pas là : Marcel va lui révéler qu’il a volontairement influencé les évaluations afin d’empêcher Porco d’être choisi. Reiner découvre ainsi que sa sélection ne constitue même pas la preuve de supériorité qu’il pensait avoir obtenue.
Quelque temps plus tard, Marcel meurt en le sauvant. L’enchaînement est particulièrement important pour comprendre la suite de l’histoire. Au moment où Reiner arrive réellement sur Paradis, son père vient de le rejeter et la sélection qui devait confirmer sa valeur a elle-même été mise à mal. La mission commence donc après l’effondrement d’une grande partie de tous les idéaux pour lesquels Reiner avait décidé de se battre.

Pourquoi continuer lorsque les premières raisons ont déjà disparu ?
Après la mort de Marcel, Annie ne souhaite qu’une chose : rentrer. Leur groupe vient de perdre son chef, et par la même occasion le Titan Mâchoire, alors que l’opération avait à peine commencé. En parallèle, Reiner sait pertinemment qu’un retour peut avoir de graves conséquences sur son propre avenir et celui de leurs familles. Il refuse alors d’abandonner. Tout ce passage prend une autre dimension lorsqu’on le replace dans ce qui vient de se produire. Revenir signifie aussi rentrer auprès d’un père qui ne veut pas de lui et accepter que la sélection dont il était si fier ne prouvait pas ce qu’il imaginait. Reiner annonce alors que s’il faut un Marcel, il deviendra Marcel.
Cette décision permet de mieux comprendre l’adolescent que nous retrouverons au milieu de la 104e brigade. Marcel était celui qui protégeait les autres et semblait naturellement capable de tenir le groupe. Reiner adopte progressivement une posture similaire auprès des cadets de Paradis, où il devient un camarade fiable et protecteur. Je ne peux pas dire que sa conduite découle consciemment du besoin de donner un sens à la mort de Marcel, mais l’enchaînement des faits permet de penser que réussir la mission reste l’une des rares manières par lesquelles Reiner peut encore rendre sa propre sélection, et en même temps sa vie, légitime.
Plusieurs années plus tard, sa rencontre avec Eren dans le sous-sol de Revelio donne des explications beaucoup plus claires sur cette décision. Eren rappelle à Reiner qu’il était un enfant et qu’il avait grandi dans un environnement où les habitants de Paradis lui étaient présentés comme des démons. Il comprend parfaitement le poids de ce conditionnement. Reiner refuse pourtant d’en faire une excuse suffisante. Après la mort de Marcel, Annie et Bertolt auraient pu rentrer et il reconnaît avoir lui-même insisté pour poursuivre l’opération. Il avoue également qu’il voulait devenir un héros et être respecté.
Son environnement explique donc une partie de ce qu’il était capable d’imaginer. Et Reiner sait qu’il a pris certaines décisions à l’intérieur de ce cadre bien spécifique. C’est ce qui empêche de réduire son parcours à une explication trop simpliste : comprendre comment un enfant a été façonné par la discrimination et la propagande ne signifie pas que toutes les actions qu’il commet ensuite lui échappent. Son environnement éclaire ses choix, il ne les efface en aucun cas.

Sur Paradis, les « démons » deviennent les camarades de Reiner
Reiner et Gaby découvrent tous les deux que les habitants de Paradis ne correspondent pas vraiment aux démons dont on leur avait parlé. Ils n’auront cependant pas le même cheminement.
Gaby rencontre progressivement les personnes derrière la catégorie qui lui a été contée. Reiner, lui, va passer plusieurs années à vivre avec elles. Au chapitre 39, lorsqu’il protège Connie en prenant un risque considérable, il décrit son comportement comme quelque chose de normal puisqu’il est « soldat ». Quelques chapitres plus tard, Bertolt doit justement lui rappeler qu’il n’est pas un soldat des murs, mais un Guerrier.
Cette différence de vocabulaire est importante à noter puisqu’elle raconte une partie de ce qui s’est produit pendant l’infiltration. Reiner s’est entraîné avec Eren, Jean, Sasha, Connie, Historia et les autres. Il a partagé leur quotidien et est devenu quelqu’un sur qui ils pensent réellement pouvoir compter. Ceux qu’il devait uniquement observer et considérer comme des ennemis ont fini par appartenir à son propre environnement social.
La mort de Marco montre jusqu’où toute cette contradiction peut aller. Lorsque Marco comprend qui sont réellement Reiner, Annie et Bertolt, Reiner participe à sa neutralisation et contribue, par là même, à la situation qui conduit à sa mort. Et pourtant, lorsqu’il le voit ensuite se faire dévorer, il réagit avec l’horreur d’un soldat découvrant la mort d’un camarade. Reiner agit donc selon ce que sa fonction de Guerrier lui impose, puis souffre d’une mort qui touche quelqu’un qu’il avait réellement intégré à son cercle de camarades. La contradiction n’est donc plus uniquement idéologique. Elle existe jusque dans les relations qu’il a construites.
Quand les souvenirs ne ressemblent plus à des « démons »
Après son retour à Mahr, le dîner chez la famille Braun met en avant ce changement avec simplicité. Reiner y raconte ce qu’il a vécu sur Paradis. Sa famille s’attend logiquement à entendre parler de l’île peuplée par les descendants des Eldiens horribles et démoniaques qu’elle considère depuis toujours comme responsables de leur situation. Reiner commence pourtant à évoquer des individus, avec leurs manies, leurs défauts et leurs comportements parfois ridicules. Son récit ressemble davantage aux souvenirs ordinaires de quelqu’un ayant vécu avec un groupe de jeunes de son âge qu’à la description d’une population monstrueuse.
Gaby remarque rapidement que quelque chose ne va pas. Si Reiner a rencontré toutes sortes de personnes, étaient-elles réellement toutes mauvaises ?
La mère de Reiner choisira de remettre en place les éléments qu’elle connaît : les habitants de l’île restent les démons et les Eldiens loyaux du continent doivent continuer à les combattre.
Reiner n’a besoin d’énoncer aucune théorie sur la propagande. C’est là toute la force du récit d’Attack on Titan. Sa mémoire produit trop de différences pour que la catégorie suffise encore à décrire ce qu’il a vécu. Annie le mettra face à la même contradiction lorsqu’elle parlera des cadets comme de leurs amis. Reiner refuse ce terme et continue à les appeler des démons, alors que son propre comportement a déjà largement montré les liens qu’il a construits avec eux. L’expérience personnelle de Reiner ne correspond plus à ce que Mahr et sa famille lui ont appris.

Faire tout ce qu’on vous demande sans jamais faire disparaître la frontière
Reiner continuera malgré tout à servir Mahr après son retour. Il reste lié aux autres Guerriers, mais sa relation avec Gaby et Falco montre que son regard sur le programme militaire a profondément changé. Gaby ressemble beaucoup à l’enfant qu’il était. Elle veut devenir Guerrière, hériter de l’Armure et prouver au monde qu’il existe de « bons Eldiens » capables de mériter un autre avenir.
Reiner connaît déjà la suite de ce parcours. Lorsqu’il pousse Falco à dépasser Gaby, il cherche juste à lui éviter d’hériter du Titan cuirassé. La carrière qu’il désirait autrefois est devenue un avenir dont il voudrait maintenant protéger une autre enfant, et en aucun cas un destin qu’il souhaiterait lui léguer.
Il a pourtant réussi selon tous ses critères : il est devenu Guerrier, a hérité du Titan cuirassé, servi Mahr pendant des années et permis à sa famille de bénéficier d’un traitement privilégié. Et pourtant, la situation générale des Eldiens n’a pas changé pour autant. Les habitants de Revelio continuent de vivre séparés et les avantages accordés aux familles des Guerriers n’ont jamais supprimé la hiérarchie sur laquelle ils reposaient. Pieck formulera d’ailleurs cette limite beaucoup plus clairement lorsqu’elle répondra à Gaby que continuer à prouver qu’ils sont de « bons Eldiens » ne conduira pas nécessairement à leur libération.
Reiner a obtenu une meilleure place à l’intérieur du système sans que sa réussite ne remette en question un seul instant la condition qui lui avait donné envie d’en sortir.
Être accepté est-il encore une forme d’intégration lorsque l’acceptation exige de condamner ceux qui nous ressemblent ?
La question me semble particulièrement importante dans le cas de Reiner parce que son ambition d’enfant est loin d’être absurde. Chercher à améliorer sa situation ou celle de sa famille dans une société discriminatoire est parfaitement compréhensible. Encore plus pour un enfant. Les recherches sur la mobilité individuelle ou la prise de distance avec un groupe stigmatisé montrent que ces comportements peuvent servir à obtenir davantage de sécurité, protéger une carrière ou éviter certaines discriminations sans traduire nécessairement un mépris de son propre groupe. La situation devient différente lorsque cette amélioration dépend de la manière dont la personne se distingue de ceux auxquels elle est associée.
Ainsi, Reiner ne doit pas simplement être utile à Mahr. La définition du « bon Eldien » que lui transmet son propre environnement se construit aussi en opposition aux habitants de Paradis. Pour prouver sa loyauté, il doit combattre ceux dont il partage pourtant l’origine et confirmer, par son propre comportement, la frontière morale qui permet de les considérer autrement.
Il existe une différence importante entre condamner une personne parce qu’elle a réellement commis un crime et devoir démontrer sa propre fidélité en prenant ses distances avec un groupe entier. L’ensemble du parcours de Reiner montre jusqu’où cette seconde logique peut aller lorsqu’elle est parfaitement institutionnalisée. Il accepte une vie écourtée, devient une arme militaire et participe à la destruction de personnes qu’il finira ensuite par considérer comme ses camarades, tout cela à partir d’une promesse qui devait initialement permettre à sa famille d’être traitée d’une meilleure façon.
L’existence de quelques Eldiens privilégiés ne supprime donc en aucun cas la discrimination. Elle crée avant tout une voie par laquelle certains peuvent espérer en subir moins directement les conséquences.

À la fin, Karina ne veut plus qu’un fils
Le chapitre 134 offre un écho poignant à tout ce qui avait commencé pendant l’enfance de Reiner. Sa mère reconnaît avoir instrumentalisé son fils pour assouvir sa vengeance et regrette le chemin sur lequel elle l’a poussé. Puis, la disparition du pouvoir des Titans balaye la fonction qui avait autrefois donné à Reiner sa place dans la société mahr.
L’enfant qu’il était aurait sans doute vécu cette perte comme une catastrophe. Hériter du Titan cuirassé était son seul moyen d’améliorer le sort de sa mère, de retrouver son père et de devenir enfin quelqu’un dont sa famille pourrait être fière. Pourtant, contre toute attente, Karina accueille cette disparition avec soulagement. Après avoir passé une grande partie de sa vie à voir son fils à travers ce qu’il pouvait accomplir pour eux, elle peut enfin souhaiter une chose simple : qu’il soit là, vivant, tout simplement.
Cette scène n’efface rien, bien sûr. Reiner a participé à la destruction du mur Maria et assume avoir choisi de poursuivre la mission après la mort de Marcel. Karina, elle aussi, a joué un rôle dans la manière dont il a appris à voir les habitants de Paradis comme des ennemis. Pourtant, leur histoire ramène inévitablement à la question initiale, celle qui précédait tous ces crimes : Reiner avait grandi avec l’idée qu’il devait accomplir l’exceptionnel pour obtenir l’ordinaire à savoir le droit de vivre avec sa famille sans que son origine en fasse un problème.
C’est ce qui distingue radicalement son parcours de celui de Gaby. Celle-ci illustre comment on peut apprendre à juger des gens que l’on n’a jamais rencontrés. Reiner, lui, montre ce qui arrive lorsque l’on appartient soi-même au groupe dévalorisé et que l’on comprend que la seule issue est de devenir l’exception que le système daignera tolérer.
Ce parcours soulève une question fondamentale, que cet article n’a fait qu’effleurer : Pourquoi des enfants nés des générations après la chute de l’Empire eldien continuent-ils d’être tenus pour responsables de son histoire ? La réponse réside dans la manière dont le passé est raconté et c’est précisément le cœur du prochain article.
Car Reiner reste l’un des personnages les plus tragiques de Shingeki no Kyojin. Même après avoir sacrifié son enfance, sa vie et son humanité, il reste un étranger partout : Mahr ne l’acceptera jamais pleinement, car son identité eldienne, aussi utile soit-elle, ne peut effacer la tache originelle de son sang ; et Paradis, qu’il a trahi, ne pourra jamais lui offrir de rédemption. Son histoire révèle une vérité cruelle : dans un système oppressif, la mobilité individuelle ne libère pas. Pire, elle isole. Reiner a cru que devenir une exception lui donnerait une place. Il a découvert trop tard que cette place n’était qu’un piège, une cage dorée où l’on ne cesse jamais de devoir prouver sa valeur.
Et c’est là que réside l’ironie la plus amère de son destin : il a passé sa vie à sauter des obstacles, sans jamais réaliser que le problème n’était pas sa capacité à les franchir, mais l’existence même de ces obstacles. Son histoire nous rappelle que la véritable libération ne vient pas de devenir l’exception, mais de briser le système. Reiner, comme Gaby après lui, a intériorisé l’idée qu’il devait mériter son humanité en se distinguant des siens.
Pourtant, la vraie justice ne réside pas dans l’ascension de quelques-uns, mais dans la destruction des hiérarchies qui rendent cette ascension nécessaire.
Sources
Attack on Titan / Shingeki no Kyojin
Hajime Isayama — Attack on Titan / Shingeki no Kyojin, Kodansha : source primaire – chapitres particulièrement utilisés : 39, 77, 88, 91, 93, 94, 95, 96, 99, 100, 116, 134 et 139.
Pika Édition — L’Attaque des Titans : édition française officielle utilisée pour vérifier les chapitres, les titres et la terminologie française.
Site officiel japonais de Attack on Titan – The Final Season : informations officielles concernant Reiner Braun, les Guerriers de Mahr, les Eldiens de Revelio et le contexte de la dernière partie de l’œuvre
Identité sociale, mobilité individuelle et appartenance
Henri Tajfel & John C. Turner — “An Integrative Theory of Intergroup Conflict” (1979) : texte fondateur de la théorie de l’identité sociale. Il permet notamment de comprendre comment l’appartenance à un groupe et sa position sociale influencent les stratégies adoptées par ses membres.
Naomi Ellemers, Ad van Knippenberg & Henk Wilke — “The Influence of Permeability of Group Boundaries and Stability of Group Status on Strategies of Individual Mobility and Social Change” (1990) : étude des stratégies de mobilité individuelle lorsqu’une personne appartenant à un groupe défavorisé estime qu’elle peut améliorer personnellement sa position sans modifier celle de l’ensemble du groupe.
Sapna Cheryan & Benoît Monin — “‘Where Are You Really From?’: Asian Americans and Identity Denial”, Journal of Personality and Social Psychology (2005) : étude du cultural identity denial et de la manière dont des personnes peuvent voir leur appartenance nationale remise en cause par les autres malgré leur propre sentiment d’intégration.
Minorité modèle, discrimination et acceptation conditionnelle
OiYan Poon et al. — “A Critical Review of the Model Minority Myth in Selected Literature on Asian Americans and Pacific Islanders in Higher Education”, Review of Educational Research (2016) : analyse critique du stéréotype de la « minorité modèle » et de la manière dont la réussite de certains membres d’un groupe minoritaire peut être utilisée pour minimiser les discriminations structurelles ou opposer différentes minorités entre elles.
Pew Research Center — “Asian Americans and the ‘Model Minority’ Stereotype” (2023) : synthèse consacrée au stéréotype de la minorité modèle, à sa perception par les Américains d’origine asiatique et à son utilisation dans les comparaisons entre groupes minoritaires.
France : sentiment d’appartenance et regard des autres
INED / Insee — enquête Trajectoires et Origines 2 (TeO2) : enquête consacrée à la diversité des populations en France, aux trajectoires sociales, au sentiment d’appartenance et aux expériences de discrimination. Elle relève notamment que 94 % des descendants de deux parents immigrés interrogés déclarent se sentir français.
Insee — “Le sentiment de discrimination persiste à la deuxième génération” : données relatives au décalage entre sentiment d’appartenance à la France et reconnaissance de cette appartenance par les autres. Parmi les descendants d’immigrés non européens, 29 % déclarent notamment ne pas être vus comme français, contre moins de 8 % parmi les descendants d’immigrés européens.
Luxembourg : langue, origine et déni d’identité culturelle
Stephanie Barros Coimbra & Isabelle Albert — “‘I Feel More Luxembourgish, but Portuguese Too’: Cultural Identities in a Multicultural Society”, Integrative Psychological and Behavioral Science (2020) : étude menée auprès de familles portugaises au Luxembourg et consacrée notamment aux identités culturelles, à la transmission intergénérationnelle et aux expériences de cultural identity denial chez certains descendants.
LISER & CEFIS — Le racisme et les discriminations ethno-raciales au Luxembourg (2022) : enquête nationale sur les perceptions et expériences de discrimination au Luxembourg. Elle relève notamment que 48,8 % des résidents interrogés considèrent que la discrimination fondée sur la méconnaissance du luxembourgeois est répandue.
Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg — présentation de l’étude sur le racisme et les discriminations ethno-raciales : présentation institutionnelle de l’enquête réalisée par le LISER et le CEFIS.
Socialisation familiale et préparation face aux discriminations
Diane Hughes, James Rodriguez, Emilie P. Smith, Deborah J. Johnson, Howard C. Stevenson & Paul Spicer — “Parents’ Ethnic-Racial Socialization Practices: A Review of Research and Directions for Future Study”, Developmental Psychology (2006) : synthèse des travaux sur la socialisation ethno-raciale familiale, notamment la manière dont certains parents préparent leurs enfants à reconnaître, anticiper ou gérer les préjugés et discriminations auxquels ils pourraient être confrontés.
Nippo-Américains, internement et service militaire pendant la Seconde Guerre mondiale
National Park Service — Japanese American Incarceration : documentation institutionnelle sur le déplacement et l’incarcération de plus de 120 000 personnes d’ascendance japonaise aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale.
National Park Service — Nisei Military Service during World War II : histoire des soldats nippo-américains ayant servi dans l’armée américaine, notamment au sein du 442nd Regimental Combat Team, et diversité des motivations liées au patriotisme, à la loyauté, à la famille ou à la volonté de défendre leurs droits.
National Archives — Japanese American Internment and Resistance at Heart Mountain : documentation consacrée aux résistants à la conscription qui refusèrent de servir tant que leurs droits civiques et ceux de leurs familles n’étaient pas restaurés.
Alsace-Moselle et « Malgré-nous »
FranceArchives — “Août 1942 : l’incorporation de force des Alsaciens et des Mosellans” : documentation historique sur l’incorporation forcée d’environ 130 000 Alsaciens et Mosellans dans les forces armées allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mémorial Alsace-Moselle / Chemins de mémoire — dossier consacré à l’Alsace et la Moselle pendant la Seconde Guerre mondiale : documentation sur l’incorporation de force, les réfractaires, les désertions et les conséquences que ces refus pouvaient entraîner pour les individus et leurs familles.
![[dossier] Pourquoi Reiner veut-il devenir un « bon Eldien » ? Gabi Braun dans l’épisode 22 de la saison finale d’Attack on Titan.](https://im-a-collector.com/wp-content/uploads/2026/09/imacollector-dossier-attack-on-titan-gabi-haine-paradis-cover-OK-150x150.jpg)
![[collection] My Hero Academia : reproduction de genga d’Ochaco Uraraka Reproduction de genga d’Ochaco Uraraka au regard interrogatif, issue du DVD vol. 1 édition limitée de My Hero Academia](https://im-a-collector.com/wp-content/uploads/2026/03/collection-imacollector-my-hero-academia-reproduction-officielle-set1-ochaco-uraraka-uravity-cover-OK-440x440.jpg)
![[dossier] Pourquoi Captain Tsubasa a changé le regard des Japonais sur le football Tsubasa Ozora enfant, balle au pied, dans une illustration de Captain Tsubasa par Yoichi Takahashi.](https://im-a-collector.com/wp-content/uploads/2026/07/imacollector-football-part2-captain-tsubasa-football-japonais-cover-OK-440x440.jpg)
